| odessa | | Membre | | 151 messages postés |
| Posté le 24-12-2005 à 12:54:51
| KANAKY Grève générale victorieuse À lappel du principal syndicat du territoire, lUSTKE, les salariés se sont mobilisés pour lusine dexploitation du nickel de la province Nord. Ils ont obtenu que lÉtat français cesse dempêcher la réalisation du projet. Avant daccepter, en 1998, de signer laccord de Nouméa - qui repoussait de vingt ans au moins la perspective dindépendance de la Kanaky -, les forces indépendantistes avaient exigé la mise en place des conditions dun rééquilibrage de léconomie du territoire. Laccord de Bercy, en février 1998, a fixé les conditions de laccès au nickel, préalable à la construction dune usine de traitement du minerai dans le nord du territoire à majorité kanak et indépendantiste. À lépoque, le préalable minier avait nécessité une large mobilisation de lUnion syndicale des travailleurs kanaks et des exploités (USTKE)1. Depuis 1880, le minerai de nickel2 est exploité par quelques gros groupes qui lexportent. Il est transformé en métal dans une seule usine, la Société le nickel (SLN)3 à Doniambo, près de Nouméa. Les bénéfices tirés de lexploitation du sous-sol kanak nont pas profité à la population locale. Aujourdhui encore, le nickel représente plus de 90% de la valeur des exportations du territoire, mais seulement 2,7 % des recettes (sur la période 1990-2001). Le projet des indépendantistes est de construire une usine de transformation du nickel dans le Nord, détenue à 51 % par la province, à travers la Société des mines du Pacifique Sud (SMSP), en partenariat avec lindustriel canadien Falconbridge (cinquième producteur mondial). Une telle entreprise créerait de lemploi dans la province, qui a été volontairement sous-développée depuis le début de la colonisation. Elle permettrait aussi que, pour la première fois, les bénéfices tirés de la terre kanak soient réinvestis majoritairement sur le territoire4. Laccord de Bercy prévoyait que le transfert de la propriété du massif minier nécessaire au lancement de lusine du Nord ne deviendrait effectif que si lusine commençait à être construite au 31 décembre 2005. Au début de ce mois, lÉtat français a posé des exigences financières inacceptables au prêt quil sétait engagé à accorder à la province Nord pour quelle apporte 51 % du capital à la SMSP, condition de la maîtrise de lavenir de louvrage. Falconbridge se dit prêt à financer la totalité du projet, mais il est évident que, dans ces conditions, les garanties pour le développement de la province Nord seraient totalement changées. LÉtat français a permis le pillage des ressources du territoire pendant des décennies, laissant sopérer des dégradations irrémédiables de lenvironnement. Il veut une nouvelle fois arnaquer les Kanaks et les empêcher dêtre maîtres de leur destin. La mobilisation menée par lUSTKE sest développée depuis le début du mois. Après une grande manifestation à Nouméa, le 10 décembre, une grève générale a commencé le lundi 12. Peu à peu, les services étatiques ont été bloqués et léconomie sest arrêtée. Chaque jour, plus de 1 000 militants se sont mobilisés pour bloquer les administrations et les centres vitaux du territoire, lUSTKE servant 1200 repas par jour sur les sites occupés. Au bout dune semaine de blocage, samedi 17 décembre, le haut-commissaire de lÉtat a accepté par écrit de soutenir financièrement le projet dusine du Nord, conformément à laccord de Bercy. LUSTKE a alors levé les barrages. Ses militants restent mobilisés pour que les promesses soient tenues. La lutte des travailleurs kanaks et des exploités du territoire pour une autre répartition des richesses a le soutien de la LCR. Lensemble des forces antilibérales de métropole, dans la foulée de leur tardive mobilisation contre la loi sur les bienfaits du colonialisme, ne peut que les soutenir. Bernard Alleton 1. . 2. La Nouvelle-Calédonie possède, dans son sous-sol, environ 25% de la réserve mondiale de minerai de nickel. 3. La SLN est une filiale du groupe français Eramet, propriété à 30% de lÉtat français. 4. Dans la filière du nickel, lextraction représente 25 % de la valeur ajoutée, le traitement du minerai en produit métallurgique 75 %. En 2004, la SLN a rapatrié plus de 133 millions deuros vers la métropole coloniale. Rouge, 23/12/05 |
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