| odessa | | Membre | | 151 messages postés |
| Posté le 24-12-2005 à 14:31:13
| L'Humanité, 20 décembre 2005 Les TER niçois à quai SNCF. Le non-remplacement des retraités au coeur dun mouvement en progression qui affecte pour lessentiel le trafic régional. Nice (Alpes-Maritimes), correspondant régional. « Cest vrai que de prime abord sur le quai on se fait pourrir mais quand on explique les raisons de la grève, les gens comprennent », estime ce jeune conducteur de train, gréviste depuis une semaine mais qui passe ses journées dans la gare de Nice entre distribution de tracts aux usagers, assemblée générale de fin daprès-midi et attente des nouvelles des négociations dans le local de « prise du travail ». À quelques pas de là, le hall central de la gare, hier matin, sonnait creux car moins dun TER sur cinq était en circulation. La veille, la grève avait été reconduite, à lunanimité des présents, lors dune assemblée générale qui, selon la CGT, comptait « plus de monde que les jours précédents, et notamment des non-syndiqués et, à titre individuel, des adhérents à dautres organisations syndicales ». Cest ainsi que pour la CGT qui, seule pour linstant, organise les AG quotidiennes, « on compte parmi les conducteurs de train niçois 60 % de grévistes ». Cette progression sexplique, selon Franck Boyer, lun des très déterminés représentants CGT du personnel roulant, « par la justesse de la revendication et lattitude intransigeante des directions régionales de la SNCF ». Ce sont les changements dhoraires pour les agents de conduite, publiés le 11 décembre dernier par le « patron » de la gare de Nice, qui ont provoqué la colère de ces cheminots. « Nous constatons que la moyenne journalière de travail est en augmentation et nous estimons quune limite a été franchie : les trains ne circulent plus en toute sécurité ! » soulignent les grévistes. « De plus en plus de gars se disent fatigués et craignent dêtre moins vigilants, ils ne veulent pas avoir sur la conscience un « carton » qui chez nous peut faire quatre Cents morts ! » sexclame Franck Boyer. Ce sont surtout les conducteurs de TER qui sont entrés en révolte (90 % dentre eux sont grévistes) contre des amplitudes journalières de travail de plus en plus élastiques. Et si les cheminots se sont, les premiers, félicités de la réouverture en avril dernier de la ligne TER Cannes-Grasse, ils ne manquent pas non plus de préciser que cela représente cinq jours de plus de conduite par agent. Or, « depuis 2002, la SNCF ne remplace plus les conducteurs retraités qui sont à Nice entre dix et quinze chaque année », sindigne la CGT. Pour parer à lurgence, la direction locale fait appel à des « déplacements », en fait des renforts momentanés (au nombre de onze actuellement en PACA), dont le coût est équivalent à celui dune formation de conducteur, selon la CGT. Un syndicat de plus en plus outré par lattitude dune direction régionale qui « [nous] reçoit pour la forme mais qui ferme la porte à toute négociation sérieuse ». Ce qui ressemble à une consigne de « fermeté », ou plutôt de fermeture, doublée dune campagne de dénigrement du mouvement gréviste viendrait-il « den haut » ? Philippe Jérôme |
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